01/11/2007

Cellules souches : une première française

Des chercheurs de l'université Paris-Sud-XI (avec l'Inserm et le CNRS) viennent d'obtenir la première lignée française de cellules souches embryonnaires humaines à partir d'un embryon porteur d'anomalies chromosomiques importantes (trisomie 1 et monosomie 21) et recueilli à l'issue d'un diagnostic préimplantatoire.
Cette première a été rendue possible grâce aux modifications des lois de bioéthique en 2004. Depuis la sortie des décrets d'application en février 2006, plusieurs autres équipes se sont lancées dans la course en France, notamment à Strasbourg et à Montpellier, alors que dans le monde, il existe déjà deux cents lignées de ce type, notamment aux États-Unis et outre-Manche, en Corée et en Iran.

L'obtention de cette première lignée de cellules à la base d'une possible médecine régénératrice est un franc succès pour l'équipe du Pr Annelise Bennaceur-Griscelli (unité Inserm 602). C'est aussi une bonne nouvelle pour toute la communauté scientifique française car cette lignée de cellules dotées de toutes les potentialités (pluripotentes) est mise à la disposition de tous ceux qui désireront y réaliser des recherches.

09/10/2007

Recherche: Le DG de l'INSERM démissionne

Le professeur Christian Bréchot, directeur général de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), a démissionné lundi 8 octobre. Il avait été nommé le 14 février 2001 à la tête de cet établissement public à caractère scientifique et technologique, doté cette année d'un budget de 612 millions d'euros et qui compte 6 500 salariés.

Cette démission est la conséquence directe de l'affaire Metagenex, du nom d'une société de biotechnologie créée en 2001 par Patrizia Paterlini-Bréchot, l'épouse du professeur Bréchot, afin de développer un test prometteur visant à identifier des cellules cancéreuses circulant dans le sang.

Répondant aux incitations officielles de l'époque, il s'agissait pour cette chercheuse de trouver, tout en restant dans l'organisme public, les capitaux privés lui permettant de promouvoir et de diffuser ce test mis au point par son équipe. L'affaire avait alors été menée sous l'égide d'Inserm-Transfert.

Mme Bréchot n'avait toutefois pu trouver les fonds nécessaires qu'en juillet 2006, lorsque les sociétés Axa et Banexi avaient décidé d'investir 2,5 millions d'euros. Peu de temps après, un conflit éclata entre la fondatrice de Metagenex et David Znaty, devenu président du directoire.

L'épouse du directeur général de l'Inserm accusait en substance les investisseurs de ne pas tenir leurs engagements sur la constitution d'un conseil scientifique et le financement des études de validation de l'efficacité, préalable indispensable, selon elle, à la commercialisation. C'est ainsi que la direction générale de l'Inserm s'opposait juridiquement à l'utilisation du brevet (Le Monde des 29 juin et 25 juillet). Pour sa part, M. Znaty observait que la société Metagenex avait notamment été créée à l'initiative de M. Bréchot et qu'il avait cédé ses parts à sa famille au moment de sa nomination à la tête de l'Inserm. Le professeur Bréchot récusait quant à lui les accusations de conflit d'intérêts dont il était clairement la cible. La justice avait été saisie.

Après inspection conjointe des deux ministères de tutelle, le directeur général de la santé et celui de la recherche et de l'innovation avaient, dans un courrier du 21 septembre, demandé au directeur général de l'Inserm de faire en sorte que Metagenex puisse exploiter le brevet sur le test de dépistage, solution "la plus conforme à l'intérêt public".

Selon ce courrier, il existerait au sein d'Inserm-Transfert des éléments qui ne permettent pas d'espérer une issue favorable à l'action judiciaire en cours. Dès lors et afin de ne pas être à nouveau accusé de conflit d'intérêts, M. Bréchot n'avait plus d'autre issue que de présenter sa démission afin d'assurer au mieux sa défense. (source: Le Monde)