08/11/2007

ALZHEIMER: Le projet de plan présenté aujourd'hui

Le rapport du Pr Ménard propose des actions tant pour une prise en charge digne des malades que pour accélérer la recherche.

C'EST aujourd'hui que la commission chargée de l'élaboration de propositions pour un plan concernant la maladie d'Alzheimer, présidée par le Pr Joël Ménard, remet son rapport au président de la République. Un document très attendu et très précis, tout en nuances aussi, que Le Figaro a pu se procurer. Avec comme nécessité citée en préambule : « Un choix clair de financement public et de politique publique. »
Il y a aujourd'hui 800 000 personnes atteintes en France et ce nombre ne va que croître avec le vieillissement de la population. Nicolas Sarkozy a d'emblée fait de la prise en charge de cette maladie une priorité politique. Le président va lancer une concertation avec les professionnels sur la base de ces propositions avant d'annoncer les principales orientations du plan Alzheimer.
En ouverture, Le rapport insiste sur la nécessité absolue de considérer la personne malade comme sujet, de reconnaître ses droits, sa citoyenneté. « Aucune personne ne peut être considérée comme un objet passif de soins. » Dans le même ordre d'idées, il pose très clairement le difficile problème du bien-fondé de l'annonce précoce de la maladie, en l'état actuel des traitements « au mieux hésitants, au pire insuffisants ». Une pierre dans le jardin des tenants du diagnostic précoce et de son corollaire, celui de la mise sous médicaments, qui n'ont guère fait les preuves de leur efficacité jusqu'ici.
Deuxième orientation : fournir un effort sans précédent sur la recherche. Mais avec des financements ...à trouver!

01/11/2007

Le CNRS sur ses gardes

RECHERCHE PUBLIQUE



 Les syndicats de chercheurs* ont de nouveau exprimé leurs craintes de voir leur établissement public de recherche démantelé dans les prochains mois. L’adoption du plan stratégique a été reportée au printemps prochain. D’ici là, le gouvernement, via la ministre Valérie Pécresse, doit préciser ses intentions et une commission dirigée par l’ancien ministre délégué à la recherche François d’Aubert doit rendre ses conclusions sur l’avenir des relations entre le CNRS et les universités

Le CNRS abrite 80 laboratoires propres et un millier d’unités mixtes de recherches (UMR) qui sont sous la cotutelle du CNRS et des universités. Déjà privé de l’évaluation des chercheurs qui travaillent dans les UMR, qui est désormais du ressort de l’Agence d’évaluation de la recherche (AERES), le CNRS craint que les UMR passent sous la seule tutelle des universités. Ce serait la fin d’une programmation globale et pluridisciplinaire de la recherche française au profit d’un pilotage à court terme, dénoncent l’ensemble des organisations syndicales.

Au-delà des craintes de démantèlement du CNRS, les chercheurs français ont peur de perdre une liberté indispensable à leurs travaux au profit d’un strict encadrement de la recherche à des fins jugées «utilitaristes». Pendant sa campagne électorale, Nicolas Sarkozy n’avait pas fait mystère de ses intentions. Il s’était exprimé en faveur de la transformation des grands organismes de recherche en agences de moyens, les universités devenant les «principaux opérateurs de la recherche». Cette évolution a déjà commencé avec la création de l’Agence nationale de la recherche (ANR), qui finance des projets à court terme (
lire).

Citant l’exemple des travaux du physicien français Albert Fert, récompensé par le prix Nobel 2007 de physique, les chercheurs expliquent qu’il est souvent difficile de savoir quelles recherches fondamentales feront les applications phares de demain. Le lauréat lui-même déclarait dans le quotidien Libération le jour de la remise de son prix : «J’ai envie de dire à notre ministre, Valérie Pécresse, d’éviter une approche idéologique, qu’il faut absolument garder la capacité de coordination, d’élaboration d’une stratégie nationale du CNRS, capacité dont l’Agence nationale de la recherche n’est pas dotée.»

C.D.
Sciences et Avenir.com


 

La santé et les Villes: Lyon, palme d'or

L'hebdomadaire médical « Impact médecine » publie pour la deuxième fois son palmarès des trente-six villes qui offrent la meilleure qualité de soins.

LYON décroche cette année la palme d'or au classement santé des trente-six grandes villes de France, publié jeudi par l'hebdomadaire Impact médecine *. Paris arrive en deuxième place. La capitale remporte également le prix de la santé de l'enfant. Besançon est en troisième place suivie de Grenoble et Nancy ex aequo puis de Bordeaux (la première l'an dernier). Rennes en neuvième place est couronnée du prix des initiatives santé pour ses actions sur les conduites à risque lors des événements festifs ou encore pour la création d'un centre médical pour la prise en charge des personnes migrantes. Le Havre arrive en queue de peloton juste après Mulhouse et Brest.
Établi sur la base de cent grands indicateurs de santé issus d'une vingtaine de sources officielles, ce classement prend en compte les principaux taux de mortalité et de morbidité, les comportements à risques (alcool, tabac, drogues), la criminalité, le taux de suicides, l'offre de soins (taux d'équipement en lits et places, matériel d'imagerie médicale, activité des CHU, démographie des professionnels de santé), le nombre de places en psychiatrie, la prescription d'antibiotiques, de statines, de psychotropes, l'accueil pour personnes âgées. Sans oublier les facteurs environnementaux : pollution, sites industriels à risques, espaces verts.
Mais dans une interview introductive à cette enquête, Alfred Spira, chef du service Santé publique à l'hôpital de Bicêtre, tempère ce classement « basé sur des moyennes collectives » : « Il faut prendre en compte l'existence de véritables villes dans la ville : des quartiers où les indicateurs sont plus dans le vert, d'autres où ils sont plus dans le rouge, sans oublier les migrations quotidiennes qui passent inaperçues. »
« Des dépenses inférieures »
Lyon (466 400 habitants) « jouit d'une très bonne offre de soins », pointe l'hebdomadaire. Le taux de places en courts et moyens séjours, de lits pour les personnes âgées et le nombre de médecins généralistes y sont supérieurs à la moyenne nationale. Tout comme la densité en équipements lourds (IRM, scanner...). « Et ce avec des dépenses de santé inférieures à celles des autres villes de France (762 euros par personne et par an contre 782 pour Besançon et 856 pour Nancy) », note le Dr Jean-Pierre Terrien, généraliste à Lyon. Avec un « modeste taux de patients en ALD » (affections de longue durée), des décès par alcoolisme et par suicide « deux fois moins importants que dans le reste du pays », la capitale des Gaules bénéficie aussi d'une « très bonne offre de soins ».
En revanche, les maisons médicales de garde (où les généralistes se relaient pour se partager les gardes et désengorger les urgences des hôpitaux) s'inquiètent pour leur financement. « C'est une gestion comptable qui nous menace », s'inquiète le Dr Joseph, généraliste à Lyon VIIIe. « Alors qu'on nous demande de réguler, c'est-à-dire de rationaliser l'offre de soins, on veut en parallèle que l'on fasse de l'activité. C'est absolument antinomique. »
Paris, l'an dernier assez mal notée (en douzième position), est la deuxième du classement d'Impact médecine. Mais il s'agit de Paris intra muros, qui cumule un nombre impressionnant de grands établissements hospitaliers, de médecins, « une densité médicale pléthorique » mais avec des variations considérables. « C'est le grand écart : 2 généralistes pour 10 000 habitants dans le XXe contre 39,7 dans le triangle d'or du VIIIe. » Les habitants de la capitale ont en outre une espérance de vie supérieure de 2 ans à la moyenne nationale. Certes, Paris remporte le premier prix de la santé de l'enfant, mais pour les enfants handicapés il manque encore de nombreuses places d'accueil : 5,75 lits et places pour mille enfants de moins de 20 ans contre près du double à Tours ou à Rouen. Le maire de Paris en est bien conscient, qui a programmé la création de 1 109 places supplémentaires pour handicapés pour la période 2006-2010...
Enfin, Rennes est couronnée pour son dynamisme en matière de prévention. Ville universitaire oblige, l'une des priorités de la politique municipale vise à prévenir l'alcoolisme des jeunes, véritable fléau local avec 48 % d'ivresses répétées contre 26 % en moyenne nationale. Autre initiative, un centre pour améliorer la santé des migrants (Turcs, Congolais, Mongols) qui n'ont pas accès à la médecine classique faute d'une maîtrise de la langue française ou de couverture sociale. Quinze médecins souvent épaulés par un interprète accueillent ces personnes pour des problèmes de santé complexes mais aussi des symptômes de stress post-traumatique. « Un travail difficile mais passionnant », confie l'un des médecins du centre, le Dr Couatarmanac'h.
* L'ensemble des résultats est disponible sur le site : www.impactmedecine.fr

03/09/2007

Nicolas Sarkozy a installé la "commission ALZHEIMER"

Présidée par le professeur Ménard, elle doit proposer le 1er novembre un plan national financé par les franchises médicales avec deux objectifs: le développement de la recherche et l'amélioration de la prise en charge des malades.

Nicolas Sarkozy (Reuters)

Nicolas Sarkozy (Reuters)

 

Nicolas Sarkozy a officiellement installé aujourd'hui la commission chargée de proposer un plan national le 1er novembre contre la maladie d'Alzheimer.

Le chef de l'Etat a notamment affirmé qu'il voulait "susciter une mobilisation de la société tout entière" dans la lutte contre la maladie.
"C'est une mobilisation de la société tout entière que je veux susciter", a-t-il affirmé. Le professeur Joël Ménard, président de la commission, a été chargé de remettre ses premières propositions le 21 septembre pour une mise en oeuvre du plan le 1er janvier 2008. Le 21 septembre est la journée mondiale de la maladie.
Accompagné du Premier ministre François Fillon et des ministres de la Santé Roselyne Bachelot, du Travail et de la Solidarité Xavier Bertrand et de la Recherche Valérie Pécresse, le président a confirmé que le plan Alzheimer "sera adossé à des ressources nouvelles apportées par la franchise médicale".
Il a également souhaité que a priorité des travaux de la commission soit accordée à la recherche. "En premier lieu, a-t-il dit, les travaux doivent être guidés par l'objectif de mieux connaître et mieux diagnostiquer la maladie. La recherche doit occuper une place privilégiée".
Deuxième point abordé par le chef de l'Etat: la commission aura pour tâche d'améliorer la "qualité globale de la prise en charge de la maladie et de ses conséquences".
La "liberté de choix des malades et de leurs familles", notamment le choix du maintien à domicile, "quand il est possible", devra être respectée, a indiqué le chef de l'Etat.


1ère cause de dépendance des personnes âgées

Huit groupes d'experts seront chargés chacun d'un thème particulier : recherche, financement, continuité de la prise en charge, du diagnostic à l'hospitalisation, accompagnement des familles et des malades, pharmacologie, comparaisons internationales, éthique et communication.
860.000 personnes souffrent actuellement de la maladie d'Alzheimer, déclarée "grande cause nationale" de l'année 2007. Selon un rapport publié en 2005 par l'Office parlementaire d'évaluation des politiques de santé (Opeps), c'est la première cause de dépendance des personnes âgées.
Le plan Alzheimer, sera financé, avec la lutte contre le cancer et l'amélioration des soins palliatifs, par les nouvelles franchises médicales sur les soins de santé, qui devraient rapporter environ 850 millions d'euros. C'est le troisième plan en six ans après ceux de Bernard Kouchner en 2001 et de Philippe Douste-Blazy en 2004
SUR INTERNET (sélection NouvelObs)
 

13/06/2007

ALZHEIMER: Le futur plan se trouvera au centre de réunions de travail cette semaine à l’Élysée et au ministère de la santé



«Pour l’instant, on a du mal à savoir qui va faire quoi. Espérons que cela va se caler après les législatives », confie un responsable médical, qui a déjà pris quelques contacts ministériels sur la mise en place du plan contre la maladie d’Alzheimer promis, durant la campagne, par Nicolas Sarkozy.

À l’Élysée, on se montre en tout cas très affirmatif. « Ce plan est une promesse de Nicolas Sarkozy, il sera mis en œuvre. Pour le président, c’est une exigence du cœur autant que de la raison », affirme le professeur Arnold Munnich, conseiller du chef de l’État pour la recherche biomédicale et la santé, et par ailleurs responsable de l’unité de génétique médicale de l’hôpital Necker, à Paris.

En principe, le plan Alzheimer est prévu au menu d’une réunion de travail aujourd’hui à l’Élysée entre Nicolas Sarkozy, ses collaborateurs et quelques scientifiques. Et demain, Roselyne Bachelot, la ministre de la santé, doit recevoir l’association France Alzheimer.

Il est trop tôt pour connaître le contenu de ce plan, mais Arnold Munnich évoque quelques pistes. «Le soutien à la recherche sera bien sûr une priorité. Il pourrait s’agir de créer de grandes plates-formes de recherche qui permettraient de fédérer l’action de tous les scientifiques. Il paraît opportun de faire un effort particulier sur l’imagerie, fondamentale pour le diagnostic », explique le professeur Munnich, qui plaide aussi pour la mise en place de banques de tissus, provenant des malades.

Objectif : retarder la maladie de cinq ans

« C’est important pour comprendre les mécanismes de la maladie. Aujourd’hui, le vrai challenge sur l’Alzheimer n’est pas tant de guérir la maladie, objectif sans doute encore lointain, mais de différer son début chez le patient. Si, demain, on trouve un moyen de retarder la maladie de cinq ans, on diminuera de moitié le nombre de malades. C’est considérable. »

Le professeur Munnich insiste aussi sur le fait que ce plan sera conduit dans un « respect scrupuleux » des règles de bioéthique. « C’est pour nous une exigence absolue », affirme le conseiller de Nicolas Sarkozy, en ajoutant que ce plan ne sera pas uniquement scientifique et médical mais accordera «une très large place» au soutien aux malades et à leurs familles.

En attendant, dans les coulisses, Roselyne Bachelot et Xavier Bertrand s’activent pour se placer chacun comme le ministre qui conduira le plan Alzheimer. En tant que ministre de la santé, Roselyne Bachelot estime qu’elle est la mieux placée.

Mais Xavier Bertrand, en charge des relations sociales et de la solidarité, tient à avoir son mot à dire, notamment parce que c’est à lui que devrait revenir la tutelle du secrétariat d’État aux personnes âgées, attendu après les législatives.

Enfin, un certain flou règne sur le rôle que pourrait jouer Philippe Douste-Blazy, l’ancien ministre de la santé, puis des affaires étrangères, qui a désormais un bureau à l’Élysée. Selon certains, il pourrait être le « monsieur plan Alzheimer » mais il semble que cette question n’ait pas encore été tranchée.