01/11/2007

La mouche livre l'un des secrets de l'alcoolisme

La découverte de gènes associés à la sensibilité à l’alcool chez la drosophile (Drosophila melanogaster) pose les bases de la recherche sur les bases génétiques de l’alcoolisme chez l’Homme.

Insectes.org

Insectes.org La drosophile ou mouche du vinaigre

La drosophile est une alcoolique ! La mouche du vinaigre porte bien son nom, à l’instar de l’être humain elle peut s’enivrer lorsqu’elle est exposée à des niveaux élevés d’alcool. Une fois intoxiquée, elle présente les symptômes classiques de l’alcoolisation : problème d’orientation, perte du contrôle postural, somnolence…la drosophile développe également une tolérance à l’alcool lorsqu’elle y est exposée régulièrement. C’est pour ces raisons, et la praticité expérimentale qu’offre ses insectes de laboratoire, qu’une équipe de recherche s’est mise en quête de gènes qui pourraient être associés à cette appétence à l’alcool.

Les chercheurs ont élevé des drosophiles sur plus de 25 générations pour produire deux groupes distincts : des mouches très sensibles à l’alcool pour l’un et des insectes hautement résistants pour l’autre. Ils ont ensuite effectué l'analyse de l’ensemble du génome afin de déterminer les variations génétiques des deux groupes par rapport à la population de départ. Les gènes qui sont exprimés différemment dans les deux groupes sont potentiellement liés à la sensibilité à l’alcool.

Cette méthode a permis d’identifier plus d’un millier de gènes. Parmi eux, 32 semblent directement agir sur cette sensibilité.

Fait intéressant, 23 de ces gènes ont des équivalents humains (appelés orthologues) qui seraient peut-être impliqués dans les phénomènes de dépendance existant dans l’alcoolisme chronique. Plus simplement, ils expliqueraient pourquoi certaines personnes apprécient un bon verre tandis que d’autres n’y trouvent aucun plaisir.

(Source Sciences et Avenir)

Nouvelle première mondiale de thérapie génique en France

LU DANS LE FIGARO: Respectivement six mois et un an après le traitement, deux enfants atteints d'adrénoleucodystrophie se portent bien. Cette maladie génétique provoque la destruction de la myéline du cerveau et de la moelle épinière.

DEUX enfants atteints d'une maladie génétique orpheline, l'adrénoleucodystrophie (ALD), ont pour la première fois pu être traités par thérapie génique, a annoncé hier le Pr Patrick Aubourg, spécialiste mondial de la maladie, lors du congrès de la Société européenne de thérapie génique et cellulaire à Rotterdam.
Le protocole utilisé est inspiré de celui qui avait permis la première guérison en 2000 d'une maladie génétique par thérapie génique, effectuée à l'hôpital Necker de Paris sous la houlette du Pr Alain Fischer, de l'Inserm. Là aussi, les cellules souches du sang des deux enfants ont reçu in vitro le gène médicament qui leur faisait défaut, puis ont été réintroduites pour reconstituer l'ensemble des cellules sanguines des jeunes patients.
«  Respectivement six et douze mois après, les enfants se portent bien et nous n'observons aucun effet secondaire, a précisé le Pr Aubourg, directeur de recherche de l'unité Inserm 745 à l'université Paris-V. Toutes les cellules du sang de nos deux patients expriment bien le gène que nous avons introduit. Un tel résultat, bien que préliminaire, est déjà très encourageant. »
Cette percée contre l'ALD, une maladie le plus souvent mortelle chez les jeunes garçons atteints, est le fruit à la fois d'un parcours exceptionnel de recherche et d'une collaboration exemplaire entre de multiples partenaires.
En 1990, le Pr Aubourg montre que cette maladie démyélinisante, dépourvue alors de tout traitement, peut parfois, si elle est dépistée assez tôt, être traitée par une greffe de moelle osseuse. En 1993, il identifie avec le Pr Jean-Louis Mandel la mutation responsable de la maladie, située dans le gène d'un transporteur d'acide gras. En 2003, profitant de l'expertise de Patrick Charneau, à l'Institut Pasteur, son équipe teste chez la souris un vecteur dérivé du virus du sida destiné à transférer dans les cellules souches de la moelle osseuse le gène normal : c'est un succès, les animaux expriment bien la protéine codée par ce gène dans leur cerveau.
Le risque de leucémie réduit
Ce premier essai, également piloté par le Dr Nathalie Cartier-Lacave, ouvre alors la voie à une application chez l'homme. Celle-ci est menée grâce au renfort des Prs Marina Cavazzana et Alain Fischer, qui apportent leur expérience de l'utilisation des cellules souches hématopoïétiques et de leur greffe, acquise depuis 2000.
Le risque de leucémie lié à l'insertion du vecteur viral dans le génome a été fortement réduit par rapport à ces premiers essais : « Nous utilisons pour la première fois au monde un vecteur dérivé du VIH pour la thérapie génique chez l'homme, explique le Pr Aubourg. Même s'il faut rester très prudent, cette séquence virale présente moins de risques que celle utilisée auparavant. De plus, le gène apporté ici n'intervient pas dans la prolifération cellulaire et ne peut donc la favoriser artificiellement. »
Un autre risque, celui du rejet, paraît minimisé puisqu'il s'agit d'une autogreffe ; mais, précise le chercheur, « nous attendrons encore quelques mois comme pour une greffe classique pour être sûrs qu'elle a bien pris ».
De tels travaux n'auraient pas été possibles sans le constant soutien financier apporté non seulement par l'Inserm mais aussi, dès 1993, par l'Association européenne contre les leucodystrophies (ELA) des parents de malades et ses nombreux sponsors, ainsi que par l'AFM (Association française contre les myopathies) soutenue par le Téléthon.
« Pour la première fois, s'enthousiasme Guy Alba, le président fondateur d'ELA (*), nous avons enfin un espoir majeur de guérir l'ALD et probablement d'autres maladies génétiques. Trois autres enfants sont maintenant en attente, mais il nous faut trouver les 700 000 euros pour acheter le coûteux vecteur génique produit pour une utilisation chez l'homme. Ces deux premiers cas seront, nous l'espérons tous, les premiers d'une longue série. »
Cette avancée, si elle se confirme, pourrait être majeure non seulement dans le traitement des ALD mais aussi de nombreuses maladies génétiques. Elle validerait d'abord le nouveau vecteur pour tenter de traiter des maladies génétiques du sang, beaucoup plus répandues, telles que par exemple les thalassémies. Ensuite, elle montre pour la première fois qu'une maladie génétique affectant le système nerveux central peut être soignée par ce biais. « Certaines cellules du sang portant le gène médicament, indique en effet Patrick Aubourg, ont la capacité naturelle de migrer dans le cerveau et de s'y différencier en macrophages, des cellules du système immunitaire. Cette colonisation permet de corriger une maladie portant ailleurs que sur le sang. »

Le génome du chat a été séquencé

Il s'agit du septième mammifère, y compris l'homme, dont tous les gènes sont identifiés.

(c) AFP

Des chercheurs américains ont séquencé l'ADN d'un chat, une avancée qui pourrait permettre de soigner des maladies félines et humaines. Il s'agit du septième mammifère, y compris l'homme, dont tous les gènes ont été identifiés.
Une vingtaine d'animaux, parmi lesquels des chiens, chimpanzés, rats, souris et vaches ont déjà vu leur ADN décodé. Mais le séquençage du code génétique des chats pourrait avoir de plus grandes implications pour le traitement de maladies humaines, explique le Dr Stephen O'Brien, de l'Institut américain du cancer, dont les travaux sont publiés de l'édition de novembre du journal "Genome Research".
Ces travaux ont été conduits sur l'ADN d'un chat abyssin de quatre ans appelé Cinnamon (cannelle) dont la lignée remonte à plusieurs générations en Suède.
Cinnamon est un des mammifères objet actuellement d'une analyse comparative avec d'autres recherches génétiques déjà conduites sur des chats ainsi qu'avec le séquençage de génomes d'autres mammifères.

20.285 gènes

Les généticiens du Cold Spring Harbor Laboratory (New York, est) ont pu identifier 20.285 gènes formant le génome du chat. Pour ce faire ils ont analysé les similarités entre le génome du félin et ceux de six mammifères déjà séquencés.
Les chats peuvent en effet souffrir de plus de 200 maladies proches de pathologies humaines, telles qu'une version féline du Sida, le SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) ou encore le diabète, selon le Dr O'Brien. La connaissance de l'ADN du chat pourrait donc permettre le développement de nouveaux vaccins et traitements.
Cette étude décode environ les deux tiers de l'ADN de Cinnamon, un chat du Missouri étudié à l'université de l'Etat à Columbia. Des résultats plus complets sont attendus dans le courant de l'année prochaine.

31/07/2007

Nicolas Sarkozy annonce l'élaboration d'un "plan Alzheimer" financé par une franchise médicale

Nicolas Sarkozy a chargé mardi le professeur Joël Ménard, ancien directeur général de la Santé, de présider une commission dont la mission sera d'élaborer d'ici le 21 septembre un "plan Alzheimer" qui sera financé par un système de "franchise médicale".

Lors d'un déplacement à Dax (Landes), le président de la République a souhaité que ce plan "comporte un volet recherche extrêmement ambitieux". Car "il faut donner les moyens à nos médecins de trouver la solution. L'objectif doit être la découverte, en France, d'un diagnostic validé et d'un traitement à l'efficacité indiscutable".

"Je souhaite que le professeur Ménard rassemble les meilleurs experts, et je lui demande de nous proposer les premières orientations du plan pour le 21 septembre 2007", a-t-il ajouté. La journée mondiale de la maladie d'Alzheimer est organisée à cette date.

Ce plan Alzheimer sera financé par la mise en place d'une "franchise médicale" qui ne devra pas dépasser 50 euros par assuré et par an, a souhaité le chef de l'Etat. Il a évoqué, "sur chaque recours au système de santé, une participation forfaitaire de 50 centimes par boite de médicaments, de 50 centimes sur les actes paramédicaux, et de deux euros sur les transports sanitaires".

Nicolas Sarkozy a souhaité que cette franchise soit plafonnée à 50 euros par an: "je ne veux pas que la franchise puisse coûter plus de 50 euros à un assuré par an, quatre euros par mois".

"Qui va oser me dire que, compte tenu du défi que représentent pour la société Alzheimer, le cancer, les soins palliatifs, les besoins de la recherche, on ne peut pas mettre 4 euros par mois?", a-t-il lancé.

Maladie neurodégénérative, la maladie d'Alzheimer apparaît en général après 65 ans. Elle commence par des troubles de la mémoire souvent sous-estimés et mis, à tort, sur le compte du vieillissement normal. Il y a des malades âgés de moins de 65 ans, mais leur pourcentage parmi les personnes de la même tranche d'âge est faible.

En France, on estime que la maladie d'Alzheimer et les syndromes apparentés touchent environ 855.000 personnes, selon la dernière estimation reconnue de l'Office parlementaire d'évaluation des politiques de santé.

Mais l'association France Alzheimer souligne qu'on peut estimer qu'au 31 décembre 2006, le nombre des personnes touchées par la maladie d'Alzheimer et syndromes apparentés a atteint le million.

Le nombre de nouveaux cas, chaque année, est évalué à un peu plus de 225.000 (plus de 153.000 femmes et près de 72.000 hommes), rapporte l'association. D'après elle, on estime globalement que le nombre de malades sera de 1,2 million en 2020 en France et d'environ 2,1 millions en 2040

12/01/2006

Une nouvelle Présidence au CNRS

Catherine Bréchignac, physicienne, a été nommée présidente du CNRS lors du Conseil des ministres du 11 janvier 2006, sur proposition du ministre délégué à l'enseignement supérieur et à la recherche. Elle succède à ce poste à Bernard Meunier qui avait annoncé sa démission le 5 janvier dernier. Catherine Bréchignac avait été directrice générale du CNRS de 1997 à 2000.

Catherine Brechignac est née le 12 juin 1946 à Paris. Elle est diplômée de l'Ecole Normale Supérieure de Fontenay-aux-Roses (1967), agrégée de sciences physiques (1971) et docteur-ès-sciences (1977). Elle entre au CNRS en 1971 en qualité d'attachée de recherche et devient successivement chargée (1978) puis directeur de recherche au CNRS (1985).

A l'étranger, elle est nommée chercheur associé à l'Institut d'astrophysique d'Ottawa au Canada (1979- 1980), professeur invité à l'Ecole Polytechnique de Lausanne depuis 1987, Adjunct Professor puis Distinguished Visiting Scholar Professorship à la Georgia-Tech University (depuis 2001).

Spécialiste de physique atomique à l'interface avec la physique nucléaire et avec la physique moléculaire, Catherine Brechignac a été directrice du Laboratoire Aimé Cotton (CNRS, Orsay), de 1989 à1995 puis directrice scientifique du département Sciences physiques et mathématiques du CNRS de 1995 à 1997 et enfin directrice générale de l'établissement de 1997 à 2000. Elle est présidente de l'Institut d'optique depuis 2002 et présidente du Conseil d'administration du Palais de la Découverte depuis 2004.

Membre puis présidente du Conseil scientifique du CNRS (1995 - 2000), elle a été ou est également membre ou présidente de nombreuses sociétés savantes françaises, européennes ou internationales depuis 1985. Elle est par ailleurs membre de l'Académie des sciences et de l'Académie des technologies et Docteur Honoris Causa de l'Université de Berlin.

Ses travaux de recherche ont été récompensés par le Prix de l'Académie des sciences (1991), la médaille d'argent du CNRS (1994), le prix et la médaille Holweck (2003)

Catherine Brechignac est l'auteur de plus de 150 publications scientifiques et auteur ou éditeur de 6 ouvrages. Elle est également membre du comité éditorial de plusieurs revues scientifiques primaires de physique.

Elle est officier de la Légion d'honneur et officier de l'Ordre national du mérite.

22/05/2005

La vitamine E protégerait contre la maladie de Parkinson

Une alimentation riche en vitamine E pourrait être un élément de protection contre la maladie de Parkinson, selon un article paru dans la revue médicale The Lancet Neurology de jeudi.

Le passage en revue de huit études cherchant à déterminer si les vitamines C et E et le bêta carotène avaient un impact sur les chances de développement de la maladie ont montré que la prise modérée de vitamine E abaissait le risque.

"Nos données suggèrent que les régimes riches en vitamine E protègent contre le développement de la maladie de Parkinson", déclare le Dr Mayhar Etminan, de l'hôpital Royal Victoria de Québec, au Canada, dans l'article du Lancet Neurology.

En revanche, ni la vitamine C ni le bêta carotène ne semblent avoir d'effet protecteur contre cette maladie neurodégénérative qui atteint progressivement le cerveau.

Les scientifiques, qui ont examiné des études entre 1966 et mars 2005, estiment toutefois que des recherches supplémentaires sont nécessaires pour confirmer leurs conclusions.

La maladie de Parkinson, irréversible, affecte 1% des personnes de plus de 65 ans dans le monde. Aux Etats-Unis, au moins 500.000 personnes en sont atteintes, parmi lesquelles l'acteur Michael J Fox et l'ancien boxeur Mohammed Ali.

La vitamine E est un antioxydant qui protège les cellules. On la trouve entre autres dans les légumes verts et notamment dans les épinards.(d'après Reuters)