10/12/2004

Portaraits de femmes

Portraits

Ces femmes qui tentent de trouver
les mystères des « maladies dégénérescentes »


Le labo AE 34 33 : est une unité de recherches de Strasbourg. Dirigée par Jean-Philippe Loeffler, cette équipe tente de décrypter les mystères de la dégénérescence cellulaire, donc d’expliquer les raisons de toute une série de maladies dites neuro-dégénératives, très connues ou moins connues comme : Alzheimer, Parkinson, Sclérose Latérale Amyotrophique, Creutzfeld-Jacob, maladie de Pick, démence de Lévy, syndrome de l’île de Guam…
C’est dans l’ombre qu’ elles travaillent avec la passion de leur métier : non chercher, mais trouver ! Elles aimeraient trouver des choses «plus reconnaissables, ayant plus une application immédiate». Quand leurs manipulations marchent, elles se disent « excitées comme des puces »
Chacune est dans son rôle : elles travaillent en totale complémentarité. Et chacune sait concilier vie professionnelle et vie privée, travail et loisirs. «Nous vivons pleinement notre condition de femmes. Nous ne sommes pas des marginales.
Nous sommes professionnellement performantes que si nous sommes personnellement épanouies »

Ce n’est pas être toujours facile à gérer. Mais JP (Jean-Philippe Loeffler) sait tenir compte de à la fois de leurs personnalités propres, de leurs impératifs personnels et de leurs volontés de faire progresser les choses.
Rencontres et mini-portraits. Ce qu’elles disent vaut qu’on les écoute…

Anne BOUTILLIER (Laurette ): Les éprouvettes …et le rock

Après un cursus universitaire classique, Anne fait un DEA en 1990, une thèse et post-Doctorat en 1995 à New York . Elle a intégré l’équipe de Jean-Philippe Loeffler en 1996.
Depuis elle est resté fidèle au laboratoire, : « C’est une chance pour moi, dit-t-elle, d’être restée au sein de l’équipe qui a supporté ma thèse ».
C’est une chance, car le système actuel ne permet pas de postuler par le biais d’une candidature spontanée dans un laboratoire.

Bon nombre de chercheurs entrent dans un laboratoire au moment de leur doctorat, après leur thèse : « C’est un chemin obligatoire qui mène à la vie active d’un chercheur ».

- Et votre vie de famille, vos loisirs dans tout cela ? -
« Eh bien ! Je m’en sors assez bien comme nous toutes… J’arrive bien à manager ma famille et mon métier, je consacre beaucoup de temps à ma famille. J’ai même le temps de me consacrer à une autre passion : la musique

En fait, je considère mon métier comme celui d’un artiste. C’est peut être parce que mon mari est musicien… En tout cas, je réussis ma carrière propre sans me détacher de lui. Bien au contraire…

J’ai constitué un groupe de rock féminin, je joue de la basse… le « mil mascara »

C’est ma manière à moi de m’évader et de trouver l’équilibre entre mon travail qui me passionne, qui est prenant ma famille et mon équilibre personnel. Tout doit être conduit de front. »

- Quand avez-vous décidé d’être chercheur, quel à été le déclic ? -

« J’étais déjà très sensible à toute ce qui approchait la biologie durant mon adolescence.
La recherche j’y suis venu simplement, au fur et à mesure de ma carrière, des découvertes, des pistes de recherches à déchiffrer. J’ai apprécié de plus en plus ce qu’est la Biologie et j’adore tout ce qui peut s’y rattacher, tout ce qui reste à découvrir…
Je voulais faire un IUT, pour pouvoir m’assumer rapidement. Un cursus court me convenait parfaitement. Mais j’ai eu un vrai déclic sortis de mon DEA : j’ai découvert ce qu’était la recherche, par les travaux que nous faisions, nous allions vraiment en profondeur dans la recherche.
Surtout, en DEA nous avions un jour de cours et 6 jours de pratique : c’est là que l’on prend vraiment conscience que ce qu’est la recherche.
C’est sûrement là lorsque j’ai enfin travaillé sur une « paillasse » que le mot recherche à pris pour moi toute son ampleur.
Oui, j’y suis venu simplement…Maintenant je suis heureuse de faire ce métier. Quelques fois je me sens comme « Colombo », investi d’une recherche de l’indice qui fera aboutir à des travaux, ou aiguillier des mes collègues à approfondir leurs recherches.
« Il y a un coté polard ou bouquin d’espionnage dans la recherche. La recherche, c’est une investigation, donc une aventure »

Corinne MBEBI : Des muscles aux neurones…

Après un DEUG de physiologie cellulaire, une thèse, un DEA dans une faculté parisienne, c’est en l’an 2000 que Corinne à intégré l’équipe de Jean-Philippe Loeffler

Pour l’heure, elle n’est pas encore titulaire, mais elle a obtenu une bourse auprès de l’INSERM.

Maman d’une petite fille pendant sa thèse en 3ème année, elle a momentanément « laissé de côté » ses études pour sa maternité, sans regret. Une thèse prolongée d’une année, ce n’est rien . « L’arrivée de ma fille a changé ma vie. Toutes les femmes connaissent cela, non ? Je lui consacre toujours tout mon temps libre. C’est logique, c’est normal. Et je ne regrette rien »

- Quand avez-vous décidé d’être chercheur, quel à été le déclic ? -

« Après le BAC en fait, je voulais être Chirurgien en pédiatrie, pour des raisons personnelles qui m’avaient profondément touchées.
Mais les concours m’ont fait un peu peur. Je m’y suis inscrite, mais sans résultat.
Après avoir pris mon année sabbatique car j’avait accouché de ma petite fille, j’ai eu un déclic, lors de l’achat d’une revue scientifique sur le cerveau et le cœur…
J’ai été fascinée par la complexité de ses deux organes, et là j’ai su…Le cœur et le cerveau : là devaient siéger mes préoccupations, là devaient être mes préoccupations scientifiques.
J’ai fait un DEA de Neurosciences, où j’ai travaillé sur les muscles… Ce n’était pas sur le cerveau, ni sur le cœur… mais après tout, cela se recoupe un peu…Le cœur est un bien muscle, non ?… Et les neurones agissent sur les muscles. Dans tous les cas, ce que je fais chaque jour me passionne.
Nous travaillons sur l’essentiel du corps et du comportement humain. Ce que nous essayons de mettre à nu, ce sont des mécanismes et des phénomènes qui sont des énigmes essentielles de la nature humaine. Et au-delà de la connaissance, il y a des applications et des implications très concrètes.
La finalité, ce n’est pas la seule connaissance, c’est la condition humaine. »

- Et votre vie de famille, vos loisirs dans tout cela ? -

« Eh bien, j’ai la chance d’avoir une bonne nourrice ! Durant la période de post-doctorat, j’ai du gérer ma vie personnelle sûrement plus difficilement que d’autres femmes faisant un métier avec des horaires moins contraignants. Mon mari m’aide beaucoup, il est très présent. Lui même est dans la recherche : nous nous partageons les tâches quotidiennes. Notre fille n’en souffre pas… Nous nous partageons la garde pendant le week-end : mon mari s’occupe de notre fille le samedi et moi je fais les courses etc… Je lui consacre le dimanche matin, car l’après midi, je suis souvent au laboratoire : des manipulations sont souvent en cours et doivent être vérifiées.
Mais j’aime m’occuper de ma famille, ce n’est pas toujours évident, mais j’y arrive. Je fais aussi du sport pour m’échapper un peu…
L’équilibre est toujours instable, toujours à trouver. Mais c’est la vie, non ? »


Béatrice LANNES : De la théorie et de la pratique

Béatrice est Médecin spécialiste en Neurologie clinique. Des études normales de médecine l’ont conduite lors de son internat à Strasbourg, à un DEA scientifique ce qui l’a autorisée à ne pas repasser les certifications d’usage.
L’année 1989 pour Béatrice est importante…Dans sa thèse de médecine, interne en médecine elle réalise son souhait de petite fille : être chercheur dans un laboratoire.
C’est donc à temps plein qu’elle exerce son rêve dans un laboratoire et surtout dans l’environnement de son métier : la neurologie.
Elle s’est donnée les moyens de ses souhaits : durant 2 années de 1994 à 1996, elle est partie à Cambridge pour son post-doctorat.
Ensuite, elle a voulu fonder une famille. Cela ne l’a pas empêchée d’avoir un poste à la Faculté de Médecine en tant que Maître de Conférence (MC) aux Universités et patricien Hospitalier (MCUPH).
En fait, elle partage sont temps entre le milieu hospitalier et le laboratoire de recherche.
« C’est très agréable dit-elle, j’ai pu fonder une famille et faire le métier que je rêvais depuis ma tendre enfance, c’est rare non, ?… »
« Le milieu hospitalier me forme encore à la neuro-pathologie et c’est passionnant, j’apprend tous les jours, j’ai la chance d’être au contact des patients cliniques et d’être aussi chercheur des cas cliniques. Et cela me donne beaucoup de force, je vois le patient et ses pathologies, et je collabore avec l’équipe de chercheurs à l’amélioration de leurs pathologies.
Oui, vraiment, c’est un métier que j’aime »

- Et votre vie de famille, vos loisirs dans tout cela ? -

« Je suis très présente pour mon fils : il n’a que 5 ans… Comme toutes les femmes, je gère… Avec mon fils je consacre tout mon temps de loisirs. D’ailleurs, j’ai du mal à le faire garder pour aller voir des concerts sans lui. Nous n’avons pas la télévision C’est une volonté qui nous permet de nous retrouver en famille et surtout de parler. Je préfère qu’il regarde des Dvd ou qu’il s’intéresse aux livres pour y puiser l’information dont il a besoin. Et je suis là , en première ligne, pour répondre à ses questions…

Sans la télévision nous avons de grands moments de discussion, cela me permet aussi de pouvoir lire, j’adore lire, sur l’histoire et la musique notamment. La liberté est un champ qui se gagne tous les jours »


Frédérique RENE : De l’éléphant à la souris

Frédérique, c’est la « Pure et dure » ! FRED, d’un cursus classique, BAC BIO, DEUG DEA Thèse Post-Doctorat, elle a préféré assurer sa vocation sur place plutôt que de partir sans certitude de pouvoir revenir… sur Strasbourg, où elle avait quelques attachements…

Elle a trouvé des financements pour apprendre à faire de la trans-génèse. Et elle y réussit très bien. Apprendre les nouvelles techniques à l’étranger pour revenir ainsi avec un certain savoir-faire, avec une reconnaissance dans sa spécialité : le but a été atteint.

« Cela m’a permis de faire par la suite des recherches très intéressantes. En possédant, en maîtrisant la technique, j’ai été très vite été embauchée ».

Elle a obtenu un poste de MC qui s’était libéré par un départ en retraite. Elle était dans une autre unité de l’Université de médecine au départ, elle a rejoint le laboratoire de Jean-Philippe Loeffler car les thèmes des travaux étaient en rapport avec ses propres recherches.

Maître de Conférence, elle conduit l’enseignement et la recherche. « Entre 192 à 200 heures environs d’enseignement à la faculté de médecine, le reste du temps je le consacre à la recherche. »

Ses recherches portent sur la trans-genèse, la transformation des gènes : elle travaille, accompagnée tous les jours de petites créatures…. Des souris !


- Quand avez-vous décidé d’être chercheur ? Quel a été le déclic ? -

« Je voulais être vétérinaire, mais attention vétérinaire de gros animaux, genre éléphant…Pour faire des recherches neurologiques.
Mais comme je n’étais vraiment pas très attiré par les mathématiques (matière importante pour devenir vétérinaire), je me suis orientée vers des programmes qui se rapprochaient le plus de mes souhaits. J’ai donc diriger mes études vers la biologie.

Je suis resté dans le monde animal, sauf que j’ai dû simplement m’habituer à la taille beaucoup plus petite de la souris… Mais passer de l’éléphant à la souris n’est pas illogique. L’itinéraire s’inscrit même dans les histoires pour enfants, non ? Quoi de plus normal ?
En fait, j’aime la recherche qui porte sur le cerveau, les facteurs neurotrophiques, le développement du cerveau durant la gestation. J’ai été bercée durant toute mon enfance dans ce milieu.
Et par cette préoccupation… Le cerveau, c’est quoi ? Comment çà marche ? Où sont les frontières entre le cérébral et le sensoriel ? »

- Et votre vie de famille, vos loisirs dans tout cela ? -

« En fait, je ne m’en sors pas trop mal.. j’ai deux enfants, un fils et la petite dernière.. J’ai repris mon travail voilà très peu de temps.
En ce moment c’est un peu dur : la petite dernière n’a pas toujours pas décidé de dormir toutes ses nuits….Alors bien sûr, le matin, c’est dur, mais on gère…. Et on y arrive bien. Il y a d’autres compensations : un enfant, c’est une raison de vivre, de vivre plus et mieux.
De mieux s’engager dans ces recherches qui conditionnent l’avenir, les destins de demain. La recherche, ce n’est pas que travailler pour nos propres enfants, c’est aussi travailler pour les enfants des autres, ceux qui sont nés et ceux qui vont naître, ceux que l’on connaît et ceux que l’on ne connaîtra jamais .

Qui plus est, nous habitons à la campagne, j’aime la nature, les animaux. Mon fils adore les animaux aussi : nous allons souvent les découvrir ensemble, observer les insectes dans la nature, cueillir des champignons…Durant de grandes balades, je lui fait voir le monde animal et végétal qui l’entoure. La recherche commence par l’observation ».


Marie DICK : « Une priorité : la vocation de médecin »


Après le BAC, Marie a fait 12 ans de médecine. Puis elle a fait une spécialité de médecine Interne en gériatrie et un DEA de Neuro-phycologie. Cela lui confère une belle expérience.
Chef de clinique en gériatrie, elle a trois missions au sein de sa fonction de médecin de CHU.
- La consultation de médecin : Soigner, faire des gardes aux Urgences générales.
- L’enseignement . Auprès des étudiants, des généralistes de ville, des diplômés en gériatrie, des infirmiers, des ambulanciers, elle partage ses connaissances, ses expériences et ses réflexions
- La recherche . Principalement sur la maladie d’Alzheimer. Elle essaie de passer du malade à la cellule. Un grand voyage à travers l’être vivant. Une exploration qui n’en finit pas…

« Ce métier me donne une ouverture d’esprit et cela fait parti de la culture du médecin. J’ai un métier assez stressant, mais la recherche me fait oublier tout ce qui est pénible, stressant et traumatisant : les urgences, l’angoisse des patients … »

- Et votre vie de famille, vos loisirs dans tout cela ? -

« J’ai un enfant de 4 ans, et cela n’a pas changé ma vision de mon métier. Je n’ai pas toujours le temps de bien m’organiser, je vois peu mon enfant. Mais je ne suis pas la seule dans ce cas. Quelle femme active n’a-t-elle pas ce problème ? Lors des Week-end sans astreinte. Là, je lui consacre vraiment toute mon attention, tout mon temps. »

Je n’ai pas de passe-temps, de hobbies à proprement parlé, j’aime lorsque mes gardes médicales et scientifiques m’en laisse le temps, me consacrer à ma famille, mes amis. Au shopping ; cela compte. Mais si je vais voir un film c’est pour rire….Pas de films mélo-dramatique, ou « intello ». de la détente !

Mon mari m’aide beaucoup …Il privilégie entièrement ma carrière. Il le dit bien, avec l’humour de ceux qui ne sont pas esclaves des publicités : « Parce que TU le vaux bien »

J’ai bien deux mondes, mon travail et ma famille. L’équilibre que j’essaie d’avoir consiste à séparer les problèmes d’un monde à l’autre, de les laisser à la porte de chacun d’eux. Ne mélangeons pas les questions, sachons séparer les genres et ne pas mélanger les choses… »


- Quand avez-vous décidé d’être chercheur, quel à été le déclic ? -

« J’ai toujours voulu faire ce métier. C’est l’image du médecin que je suis que j’avais en tête dès l’adolescence. Et pour moi, c’est vraiment un bonheur de réaliser ainsi, à travers la médecine, un rêve sinon d’enfance, du moins d’adolescence.
J’ai une relation avec les personnes âgées qui est très riche car elles sont reconnaissantes. Et elles me stimulent dans mes actions de recherches.
Je ne me projette pas dans l’avenir, quand je vois des Alzheimer : je les encourage pour qu’ils se soignent. Il y a deux phases importantes de mon métier pour moi ;
· c’est soutenir les patients et les aides (l’environnement familial, les amis, les proches) et leur donner des aides.
· c’est expliquer ce qu’est la maladie. Nous avons un devoir de pédagogie. Tout est plus supportable lorsqu’on sait à quoi l’on va être confronté.

Ce métier me permet de m’épanouir. Il me donne confiance en moi. J’ai l’impression d’être utile. Et je me sens bien dans l’équipe de Jean-Philippe Loeffler, où chacune et chacun à sa place, justifiée, de travailler sérieusement pour des recherches sérieuses.
Nous sommes tous des passionnés. Je me sens bien dans cette équipe, c’est mon milieu.
Je suis juste passionnée. Comme tous et toutes. Mais il n’y a aucun clan, aucune différence. Je n’ai pas souvenir de ne pas avoir été à ma place un seul instant dans ce laboratoire. Nous allons toutes et tous dans le même sens. Que demander de mieux ? »





Un sens très aigu de l’enthousiasme


En tous les cas, ces femmes du laboratoire AE 34 33 de l’Université Louis Pasteur de la Faculté de Médecine de Strasbourg sont toutes très vivantes, actives, joviales. Lorsque leurs travaux sont acceptés, elles ne cachent pas leur joie « C’est génial, disent-elles, là c’est champagne pour tout le monde ».

Pour elles, la recherche est importante, fondamentale, primordiale. Toutes « aimeraient trouver des choses plus reconnaissables, ayant plus une application immédiate ».

Toutes se sentent bien, dans leurs métier et leur vie de famille, avec leurs amis, dans l’organisation de leur temps libre. Elles savent toutes gérer très bien des environnements différents et des situations variées.

Habituées à ne pas mélanger les éprouvettes, chacune d’elles trouve son équilibre. Elles ne mélangent pas les tranches de leurs vies.

Elles sont toutes passionnées. Vous le sentez lorsque vous visitez leur laboratoire, elles vous racontent, vous font découvrir avec chaleur leurs environnement. Avec elles, même les souris sont heureuses….


Une équipe pluri-disciplinaire

L’équipe de Jean-Philippe Loeffler
et le Laboratoire EA 3433

Des chercheurs qui trouvent


L’émergence de l’équipe s’est faite initialement autour de chercheurs et d’enseignants chercheurs. Aujourd’hui, le laboratoire est constitué de 10 chercheurs, enseignants-chercheurs et médecins rattachés à l’INSERM au CNRS ou à l’Université Louis Pasteur (faculté de médecine et faculté des sciences de la vie) qui partagent les mêmes soucis de qualité de travail et cherchent à développer des applications aux retombées concrètes d’un point de vue thérapeutique. A ces permanents s’ajoutent quatre chercheurs post-doctorants et cinq étudiants de troisième cycle (DEA ou thèse).

Leur originalité.

Cette équipe restreinte est très homogène au niveau de la passion de la recherche, des buts à atteindre, mais elle est extrêmement variée par l’origine et les spécialisations des membres qui la compose. En effet, elle associe des compétences complémentaires indispensables pour développer la recherche fondamentale (biochimistes, biologistes moléculaires, biologistes cellulaires, histologistes et physiologistes) à celles de médecins praticiens hospitaliers (neurologues, gériatre, anatomo-pathologiste et spécialiste de la douleur), confrontés quotidiennement à des patients atteints de pathologies neurodégénératives.

Leur travail.
Ils cherchent à comprendre comment et pourquoi un neurone, c’est-à-dire une cellule nerveuse, meurt au cours d’un processus dégénératif qui conduit à des maladies comme la maladie d’Alzheimer ou la sclérose latérale amyotrophique.

Quelques chiffres.

Six brevets déposés à ce jour, 43 communications dans des revues scientifiques, 65 communications sans acte, participation à douze conférence internationales de très haut niveau, participation à 80 ouvrages scientifiques en 4 ans.

Le matériel.
Installé sur 600 m2 au 8ème étage du bâtiment 3 de la faculté de médecine, le laboratoire possède une pièce de culture cellulaire, 4 pièces pour la biologie moléculaire et la biochimie (dont l’une permet la manipulation d’éléments radioactifs), une pièce plus spécifiquement dédiée à l’histologie et une pièce de microscopie équipée de plusieurs microscopes dont un microscope con-focal permettant la reconstruction en trois dimensions des cellules observées. A cela s’ajoute un système complet de micro-injection permettant de faire de la transgenèse.

Ce qu’ils ont (déjà) trouvé, en bref.
L’objectif scientifique initial de l’équipe était d’élucider les mécanismes précoces de la mort neuronale. Ils ont abordé ces aspects selon deux axes : des modèles cellulaires, et des modèles animaux, associés à une approche clinique. Cette approche leur a permis de faire plusieurs découvertes qui pourraient se révéler importantes au plan clinique. Afin de valoriser la recherche au laboratoire, ces travaux ont déjà fait l’objet de dépôts de brevets par l’ULP et le laboratoire . Ces brevets portent sur le développement d’outils diagnostiques qui permettent de détecter précocement certaines maladies neurodégénératives, c’est-à-dire de pouvoir intervenir thérapeutiquement avant que des lésions nerveuses irréversibles soient installées. D’autres brevets portent plus directement sur de nouvelles pistes thérapeutiques. ( un dossier scientifique est publié par ailleurs)

Leur programme jusqu’en 2008, en bref.
Les travaux actuels des membres de l’EA 3433 visent à élucider les mécanismes cellulaires, communs et/ou spécifiques, des maladies neurodégénératives, et en particulier ceux qui sous-tendent la MA et la SLA.
Les stades les plus précoces de ces pathologies sont les plus intéressants à analyser, car l’élucidation des mécanismes à ces stades peut faire espérer un débouché thérapeutique, préventif et peut-être curatif, ou tout au moins de stabilisation. Les démarches expérimentales en cours s’adressent à ces deux pathologies, à la fois pour des raisons de santé publique et parce qu’elles relèvent sans doute, au moins en partie, de mécanismes communs.

Leurs partenaires.
Les projets du laboratoire reposent, de par leurs objectifs même, sur des interactions fortes avec la recherche clinique et l’industrie pharmaceutique.
· Les travaux sur la maladie d’Alzheimer et la signalisation intracellulaire de l’APP (précurseur de la protéine ß-amyloïde) s’appuient sur le réseau français Alzheimer piloté par Aventis Pharma, dont notre laboratoire est membre fondateur. Plusieurs conventions de partenariat avec des groupes industriels et « start-up » de biotechnologie ont été signées.
· Les projets concernant la SLA sont conduits en collaboration avec le Centre de Neurologie (service du professeur V. Meininger) de l’hôpital de la Pitié Salpêtrière de Paris (centre français de référence pour cette pathologie) ainsi qu’avec le service de neurologie du CHU de Strasbourg.
Ces collaborations permettent le suivi d’une large cohorte de patients, l’accès aux tissus humains (biopsies et autopsie) et la mise en place d’essais cliniques. Au plan de la recherche fondamentale, le projet s’inscrit dans un réseau international (Riken Brain Institut, Japon ; Université de Montevidéo, Uruguay ; Université de Harvard, USA).
Une demande de soutien de ce réseau sera déposée en 2004. Un réseau local (Biozentrum de Bâle, Suisse ; Université de Montpellier) a été mis en place dans le cadre de l’analyse des puces à ADN.