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08/11/2007

Le "plan" contre la maladie d'Alzheimer laisse en suspens la question du financement

LU DANS LEMONDE.FR


e plan national de lutte contre la maladie d'Alzheimer, qui doit être remis jeudi 8 novembre à Nicolas Sarkozy, propose dix objectifs, 28 recommandations et 48 mesures, tant pour une prise en charge digne des malades que pour accélérer la recherche, selon Le Figaro et Les Echos.

La commission du Pr Joël Ménard doit remettre, à 17 h 30, ses propositions sur le "plan" contre Alzheimer à Nicolas Sarkozy, qui va lancer une concertation avec les professionnels sur la base de ces propositions. L'accent est d'abord mis sur la recherche, aujourd'hui "dispersée" et "gravement insuffisante", qui devra bénéficier "d'un effort sans précédent" piloté par une fondation de coopération scientifique, rapporte Les Echos. Partenaires institutionnels (Inserm...) et privés travailleraient ensemble au sein de cette fondation dans le cadre d'un réseau national d'excellence.

Selon Le Figaro, la commission évalue à une cinquantaine de millions les besoins supplémentaires en recherche, soit un euro par Français. Côté soins, la commission retient l'idée d'un "forfait annuel" versé au médecin traitant – qui doit assurer le suivi des malades car lui "seul connaît la personne dans son environnement" – incluant "formation continue", "participation aux actions de coordination" avec d'autres professionnels de santé...

QUELQUE 600 000 PERSONNES AFFECTÉES EN FRANCE

Mais la commission reste muette sur les modes de financement de ces dispositions, évoquant simplement la "nécessité d'un choix clair de financement public et de politique publique". Un autre grand axe concerne l'amélioration de la prise en charge, à commencer par la mise en place d'un "dispositif d'annonce" de la maladie, à l'instar de ce qui est fait pour le cancer, selon Les Echos, qui précise que les "consultations mémoires" devront être "renforcées et généralisées sur tout le territoire".

Selon Le Figaro, la commission s'est aussi penchée sur l'accompagnement du parcours de soins du patient (et de sa famille), à qui il faut laisser le libre choix entre rester à la maison avec tous les aménagements indispensables ou opter pour un établissement spécialisé. Ce troisième plan en six ans, après ceux de Bernard Kouchner en 2001 et de Philippe Douste-Blazy en 2004, vise à contrer cette affection neurodégénérative qui touche environ 600 000 personnes en France (860 000 si l'on compte les syndromes apparentés).

PLANALZHEIMER.GOUV.FR OUVERT LE 12 NOVEMBRE

Un site internet (planalzheimer.gouv.fr) sera ouvert à compter du lundi 12 novembre pour recueillir les "avis" du public, précise le texte. Cette concertation sera organisée par les ministres du travail, Xavier Bertrand, de l'enseignement supérieur et de la recherche Valérie Pécresse, de la santé, Roselyne Bachelot et de Valérie Letard, secrétaire d'Etat chargée de la solidarité.

"Le président de la République annoncera les principales orientations du plan Alzheimer avant la fin de l'année. Sa mise en oeuvre débutera le 1er janvier 2008", rappelle un communiqué de l'Elysée. Principale cause de dépendance des personnes âgées en France, la maladie d'Alzheimer touche 225 000 personnes nouvelles par an. Le nombre de malades pourrait passer à 1,3 million en 2020 et 2,1 millions en 2040, selon un rapport publié en 2005 par l'Office parlementaire d'évaluation des politiques de santé (Opeps).

Le plan, qui doit être mis en oeuvre le 1er janvier 2008, a été préparé depuis deux mois par huit groupes d'experts chargés de faire des propositions concernant la recherche, le diagnostic, la continuité de la prise en charge des malades, l'accompagnement des familles et le financement. Les grandes orientations en ont déjà été dévoilées par le président Sarkozy le 21 septembre, à l'occasion de la journée mondiale de la maladie d'Alzheimer.


 

ALZHEIMER: Le projet de plan présenté aujourd'hui

Le rapport du Pr Ménard propose des actions tant pour une prise en charge digne des malades que pour accélérer la recherche.

C'EST aujourd'hui que la commission chargée de l'élaboration de propositions pour un plan concernant la maladie d'Alzheimer, présidée par le Pr Joël Ménard, remet son rapport au président de la République. Un document très attendu et très précis, tout en nuances aussi, que Le Figaro a pu se procurer. Avec comme nécessité citée en préambule : « Un choix clair de financement public et de politique publique. »
Il y a aujourd'hui 800 000 personnes atteintes en France et ce nombre ne va que croître avec le vieillissement de la population. Nicolas Sarkozy a d'emblée fait de la prise en charge de cette maladie une priorité politique. Le président va lancer une concertation avec les professionnels sur la base de ces propositions avant d'annoncer les principales orientations du plan Alzheimer.
En ouverture, Le rapport insiste sur la nécessité absolue de considérer la personne malade comme sujet, de reconnaître ses droits, sa citoyenneté. « Aucune personne ne peut être considérée comme un objet passif de soins. » Dans le même ordre d'idées, il pose très clairement le difficile problème du bien-fondé de l'annonce précoce de la maladie, en l'état actuel des traitements « au mieux hésitants, au pire insuffisants ». Une pierre dans le jardin des tenants du diagnostic précoce et de son corollaire, celui de la mise sous médicaments, qui n'ont guère fait les preuves de leur efficacité jusqu'ici.
Deuxième orientation : fournir un effort sans précédent sur la recherche. Mais avec des financements ...à trouver!

02/11/2007

Chez les savants fou

UN PEU d'HUMOUR.... (repris sur LE FIGARO) 

Un historien de la science a recensé les expériences les plus étranges de l’histoire. Florilège.

Il y a un mois, le jury des IgNobel, prix décerné aux projets scientifiques farfelus, récompensait des études sur « les effets secondaires de l'ingestion de sabre » ou « le décalage horaire chez le hamster ». Des sujets étonnants, mais rien en comparaison des expériences que l’historien de la science Alex Boese a rassemblé dans son livre « Des éléphants sous acide », qui sort ce mois-ci dans les librairies anglo-saxonnes. 300 pages durant, l’auteur détaille des expériences qui vont du comique à l’effrayant.
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Des éléphants sous LSD. Cette expérience menée en 1962 aux Etats-Unis donne son titre à l’ouvrage. Des chercheurs injectent 297 milligrammes de LSD (3.000 fois la dose « classique » pour un humain) à un pachyderme nommé Tusko pour provoquer chez lui le « musth », état d’excitation proche du rut. Las, après quelques furieux barrissements, l’animal tombe raide mort. S’ensuit une controverse sur les causes de cette mort tragique : le LSD lui-même, la dose administrée, ou même les médicaments donnés pour tenter de ranimer Tusko. Un chercheur a par la suite donné la même dose par voie orale. Les animaux semblent avoir vu quelques éléphants roses et ont émis des bruits étranges, mais sont redevenu normaux après quelques heures.
D’autres animaux ont été les sujets d’expériences aussi étranges. En 1963, un chercheur américain a implanté une puce dans le cerveau d’un taureau de corrida, pour le stopper net en pleine charge avec une télécommande. Une autre équipe a travaillé sur la sexualité des dindes. Ils ont débité morceau par morceau une femelle, jaugeant l’intérêt du mâle situé en face au cours de la procédure. Et celui-ci n’est pas des plus regardants. Le dragueur invétéré tente encore de faire la cour à la tête d’une femelle plantée au bout d’une pique…
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Des apprentis Frankenstein. Autre grand classique de la science : le mécano organique. Le Russe Vladimir Demikhov s’était ainsi fait une spécialité de créer… des chiens à deux têtes, assemblant vingt « modèles » en quinze ans. D’autres s’évertuaient à maintenir en vie des têtes de chiens sans corps. Un soviétique a cherché pendant des années à créer un hybride singe-humain, tentant des inséminations artificielles sur des guenons, ou passant des appels à volontaires pour porter l’enfant d’un orang-outan. Un Américain a riposté en greffant la tête d’un singe sur le corps d’un autre primate. L’animal a survécu un peu plus d’un jour.
70 % de bourreaux ? Cette célèbre expérience des années 60 est certainement la plus effrayante des annales. Des cobayes, croyant avoir affaire à une étude sur l’importance de la punition dans l’apprentissage, ont devant eux un volontaire (en fait un acteur) assis sur une chaise électrique. Les cobayes doivent administrer des décharges de plus en plus fortes à mesure que l’acteur accumule les mauvaises réponses. Quand ce dernier commence à crier, ils hésitent. Mais Stanley Milgram, le directeur du programme leur assure calmement qu’il faut « suivre le protocole » pour le bien de l’expérience. Et ils le font ! 70% d’entre eux poussent même consciemment le voltage jusqu’à des doses mortelles malgré les cris d’agonies de l’acteur. Ce qui fera dire à Milgram qu’au cas où les USA souhaiteraient installer des camps de concentration, il n’y aurait pas de pénurie de kapos…. Ce test morbide a été reconstitué dans « I comme Icare » avec Yves Montand.
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Plus tard, une équipe a voulu vérifier ce résultat en procédant à la même expérience, mais cette fois sur un chien, tout sauf volontaire. 20 étudiants sur 26 ont poussé le voltage au maximum. Un test précurseur en la matière a été mené en 1924 pour étudier les expressions faciales du dégoût. Odeur d’ammoniaque, images pornographiques, immersion des mains dans un bocal plein de grenouille et même… décapitation d’un rat. Les traits du visage des cobayes n’ont rien donné, mais là encore, deux-tiers d’entre eux ont accepté de trancher la tête des animaux. Dans le même ordre d’idée, l’expérience de la fausse prison de Stanford a montré comment transformer des jeunes hommes bien sous tout rapport en matons sadiques et en prisonnier ultra-violents en quelques jours.

01/11/2007

Le CNRS sur ses gardes

RECHERCHE PUBLIQUE



 Les syndicats de chercheurs* ont de nouveau exprimé leurs craintes de voir leur établissement public de recherche démantelé dans les prochains mois. L’adoption du plan stratégique a été reportée au printemps prochain. D’ici là, le gouvernement, via la ministre Valérie Pécresse, doit préciser ses intentions et une commission dirigée par l’ancien ministre délégué à la recherche François d’Aubert doit rendre ses conclusions sur l’avenir des relations entre le CNRS et les universités

Le CNRS abrite 80 laboratoires propres et un millier d’unités mixtes de recherches (UMR) qui sont sous la cotutelle du CNRS et des universités. Déjà privé de l’évaluation des chercheurs qui travaillent dans les UMR, qui est désormais du ressort de l’Agence d’évaluation de la recherche (AERES), le CNRS craint que les UMR passent sous la seule tutelle des universités. Ce serait la fin d’une programmation globale et pluridisciplinaire de la recherche française au profit d’un pilotage à court terme, dénoncent l’ensemble des organisations syndicales.

Au-delà des craintes de démantèlement du CNRS, les chercheurs français ont peur de perdre une liberté indispensable à leurs travaux au profit d’un strict encadrement de la recherche à des fins jugées «utilitaristes». Pendant sa campagne électorale, Nicolas Sarkozy n’avait pas fait mystère de ses intentions. Il s’était exprimé en faveur de la transformation des grands organismes de recherche en agences de moyens, les universités devenant les «principaux opérateurs de la recherche». Cette évolution a déjà commencé avec la création de l’Agence nationale de la recherche (ANR), qui finance des projets à court terme (
lire).

Citant l’exemple des travaux du physicien français Albert Fert, récompensé par le prix Nobel 2007 de physique, les chercheurs expliquent qu’il est souvent difficile de savoir quelles recherches fondamentales feront les applications phares de demain. Le lauréat lui-même déclarait dans le quotidien Libération le jour de la remise de son prix : «J’ai envie de dire à notre ministre, Valérie Pécresse, d’éviter une approche idéologique, qu’il faut absolument garder la capacité de coordination, d’élaboration d’une stratégie nationale du CNRS, capacité dont l’Agence nationale de la recherche n’est pas dotée.»

C.D.
Sciences et Avenir.com


 

De l’infection virale au cancer

MICROBIOLOGIE

 Quels mécanismes?

Certains virus sont connus comme étant des causes directes de cancers, comme le papillomavirus (HPV) pour le cancer du col de l’utérus ou le virus Epstein-Barr (EBV) pour la maladie de Hodgkin. Des chercheurs proposent une nouvelle piste pour expliquer comment ces virus déclenchent le processus cancéreux. Selon Preet Chaudhary (University of Pittsburgh, USA) et ses collègues, ces infections virales élimineraient les cellules normales au profit de cellules défectueuses qui favorisent le développement des cancers.

Plusieurs hypothèses sont avancées pour expliquer le rôle des virus oncogènes. Ils auraient la capacité de modifier le matériel génétique d’une cellule, de rendre sa croissance incontrôlable, créant ainsi un terrain favorable à l’émergence de cellules cancéreuses. Autre mécanisme possible : l’inflammation chronique liée à l’infection virale nécessite une multitude de réparations du tissu abîmé ; or au cours de ces réparations cellulaires un plus grand nombre d’erreurs génétiques s’accumulent, augmentant le risque de prolifération anormale des cellules.

Chaudhary et ses collègues ajoutent une nouvelle hypothèse, celle d’une ‘’pression de sélection’’ exercée par les virus sur les cellules. Ces chercheurs ont travaillé à partir de cellules de sarcome de Kaposi, maladie cancéreuse liée à une infection par un herpès virus (HHV-8). Ils ont examiné le niveau d’expression d’un gène, le K13, qui est impliqué dans le développement du cancer. Les chercheurs ont constaté que les cellules qui exprimaient le moins le K13 –et qui étaient donc les moins susceptibles de devenir cancéreuses- laissaient davantage le virus se répliquer à leurs dépends. A l’inverse, les cellules qui résistaient le mieux à la réplication du virus étaient celles qui avaient un niveau d’expression élevé du gène K13.

Le virus conduirait donc à une sorte de sélection naturelle des cellules dont les défauts favorisent la prolifération, terreau des tumeurs cancéreuses, avancent les chercheurs. Ces travaux ont été publiés le 24 octobre dans la revue PLoS ONE.

Cécile Dumas
Sciences et Avenir.com

La mouche livre l'un des secrets de l'alcoolisme

La découverte de gènes associés à la sensibilité à l’alcool chez la drosophile (Drosophila melanogaster) pose les bases de la recherche sur les bases génétiques de l’alcoolisme chez l’Homme.

Insectes.org

Insectes.org La drosophile ou mouche du vinaigre

La drosophile est une alcoolique ! La mouche du vinaigre porte bien son nom, à l’instar de l’être humain elle peut s’enivrer lorsqu’elle est exposée à des niveaux élevés d’alcool. Une fois intoxiquée, elle présente les symptômes classiques de l’alcoolisation : problème d’orientation, perte du contrôle postural, somnolence…la drosophile développe également une tolérance à l’alcool lorsqu’elle y est exposée régulièrement. C’est pour ces raisons, et la praticité expérimentale qu’offre ses insectes de laboratoire, qu’une équipe de recherche s’est mise en quête de gènes qui pourraient être associés à cette appétence à l’alcool.

Les chercheurs ont élevé des drosophiles sur plus de 25 générations pour produire deux groupes distincts : des mouches très sensibles à l’alcool pour l’un et des insectes hautement résistants pour l’autre. Ils ont ensuite effectué l'analyse de l’ensemble du génome afin de déterminer les variations génétiques des deux groupes par rapport à la population de départ. Les gènes qui sont exprimés différemment dans les deux groupes sont potentiellement liés à la sensibilité à l’alcool.

Cette méthode a permis d’identifier plus d’un millier de gènes. Parmi eux, 32 semblent directement agir sur cette sensibilité.

Fait intéressant, 23 de ces gènes ont des équivalents humains (appelés orthologues) qui seraient peut-être impliqués dans les phénomènes de dépendance existant dans l’alcoolisme chronique. Plus simplement, ils expliqueraient pourquoi certaines personnes apprécient un bon verre tandis que d’autres n’y trouvent aucun plaisir.

(Source Sciences et Avenir)

Cellules souches : une première française

Des chercheurs de l'université Paris-Sud-XI (avec l'Inserm et le CNRS) viennent d'obtenir la première lignée française de cellules souches embryonnaires humaines à partir d'un embryon porteur d'anomalies chromosomiques importantes (trisomie 1 et monosomie 21) et recueilli à l'issue d'un diagnostic préimplantatoire.
Cette première a été rendue possible grâce aux modifications des lois de bioéthique en 2004. Depuis la sortie des décrets d'application en février 2006, plusieurs autres équipes se sont lancées dans la course en France, notamment à Strasbourg et à Montpellier, alors que dans le monde, il existe déjà deux cents lignées de ce type, notamment aux États-Unis et outre-Manche, en Corée et en Iran.

L'obtention de cette première lignée de cellules à la base d'une possible médecine régénératrice est un franc succès pour l'équipe du Pr Annelise Bennaceur-Griscelli (unité Inserm 602). C'est aussi une bonne nouvelle pour toute la communauté scientifique française car cette lignée de cellules dotées de toutes les potentialités (pluripotentes) est mise à la disposition de tous ceux qui désireront y réaliser des recherches.

La santé et les Villes: Lyon, palme d'or

L'hebdomadaire médical « Impact médecine » publie pour la deuxième fois son palmarès des trente-six villes qui offrent la meilleure qualité de soins.

LYON décroche cette année la palme d'or au classement santé des trente-six grandes villes de France, publié jeudi par l'hebdomadaire Impact médecine *. Paris arrive en deuxième place. La capitale remporte également le prix de la santé de l'enfant. Besançon est en troisième place suivie de Grenoble et Nancy ex aequo puis de Bordeaux (la première l'an dernier). Rennes en neuvième place est couronnée du prix des initiatives santé pour ses actions sur les conduites à risque lors des événements festifs ou encore pour la création d'un centre médical pour la prise en charge des personnes migrantes. Le Havre arrive en queue de peloton juste après Mulhouse et Brest.
Établi sur la base de cent grands indicateurs de santé issus d'une vingtaine de sources officielles, ce classement prend en compte les principaux taux de mortalité et de morbidité, les comportements à risques (alcool, tabac, drogues), la criminalité, le taux de suicides, l'offre de soins (taux d'équipement en lits et places, matériel d'imagerie médicale, activité des CHU, démographie des professionnels de santé), le nombre de places en psychiatrie, la prescription d'antibiotiques, de statines, de psychotropes, l'accueil pour personnes âgées. Sans oublier les facteurs environnementaux : pollution, sites industriels à risques, espaces verts.
Mais dans une interview introductive à cette enquête, Alfred Spira, chef du service Santé publique à l'hôpital de Bicêtre, tempère ce classement « basé sur des moyennes collectives » : « Il faut prendre en compte l'existence de véritables villes dans la ville : des quartiers où les indicateurs sont plus dans le vert, d'autres où ils sont plus dans le rouge, sans oublier les migrations quotidiennes qui passent inaperçues. »
« Des dépenses inférieures »
Lyon (466 400 habitants) « jouit d'une très bonne offre de soins », pointe l'hebdomadaire. Le taux de places en courts et moyens séjours, de lits pour les personnes âgées et le nombre de médecins généralistes y sont supérieurs à la moyenne nationale. Tout comme la densité en équipements lourds (IRM, scanner...). « Et ce avec des dépenses de santé inférieures à celles des autres villes de France (762 euros par personne et par an contre 782 pour Besançon et 856 pour Nancy) », note le Dr Jean-Pierre Terrien, généraliste à Lyon. Avec un « modeste taux de patients en ALD » (affections de longue durée), des décès par alcoolisme et par suicide « deux fois moins importants que dans le reste du pays », la capitale des Gaules bénéficie aussi d'une « très bonne offre de soins ».
En revanche, les maisons médicales de garde (où les généralistes se relaient pour se partager les gardes et désengorger les urgences des hôpitaux) s'inquiètent pour leur financement. « C'est une gestion comptable qui nous menace », s'inquiète le Dr Joseph, généraliste à Lyon VIIIe. « Alors qu'on nous demande de réguler, c'est-à-dire de rationaliser l'offre de soins, on veut en parallèle que l'on fasse de l'activité. C'est absolument antinomique. »
Paris, l'an dernier assez mal notée (en douzième position), est la deuxième du classement d'Impact médecine. Mais il s'agit de Paris intra muros, qui cumule un nombre impressionnant de grands établissements hospitaliers, de médecins, « une densité médicale pléthorique » mais avec des variations considérables. « C'est le grand écart : 2 généralistes pour 10 000 habitants dans le XXe contre 39,7 dans le triangle d'or du VIIIe. » Les habitants de la capitale ont en outre une espérance de vie supérieure de 2 ans à la moyenne nationale. Certes, Paris remporte le premier prix de la santé de l'enfant, mais pour les enfants handicapés il manque encore de nombreuses places d'accueil : 5,75 lits et places pour mille enfants de moins de 20 ans contre près du double à Tours ou à Rouen. Le maire de Paris en est bien conscient, qui a programmé la création de 1 109 places supplémentaires pour handicapés pour la période 2006-2010...
Enfin, Rennes est couronnée pour son dynamisme en matière de prévention. Ville universitaire oblige, l'une des priorités de la politique municipale vise à prévenir l'alcoolisme des jeunes, véritable fléau local avec 48 % d'ivresses répétées contre 26 % en moyenne nationale. Autre initiative, un centre pour améliorer la santé des migrants (Turcs, Congolais, Mongols) qui n'ont pas accès à la médecine classique faute d'une maîtrise de la langue française ou de couverture sociale. Quinze médecins souvent épaulés par un interprète accueillent ces personnes pour des problèmes de santé complexes mais aussi des symptômes de stress post-traumatique. « Un travail difficile mais passionnant », confie l'un des médecins du centre, le Dr Couatarmanac'h.
* L'ensemble des résultats est disponible sur le site : www.impactmedecine.fr

Nouvelle première mondiale de thérapie génique en France

LU DANS LE FIGARO: Respectivement six mois et un an après le traitement, deux enfants atteints d'adrénoleucodystrophie se portent bien. Cette maladie génétique provoque la destruction de la myéline du cerveau et de la moelle épinière.

DEUX enfants atteints d'une maladie génétique orpheline, l'adrénoleucodystrophie (ALD), ont pour la première fois pu être traités par thérapie génique, a annoncé hier le Pr Patrick Aubourg, spécialiste mondial de la maladie, lors du congrès de la Société européenne de thérapie génique et cellulaire à Rotterdam.
Le protocole utilisé est inspiré de celui qui avait permis la première guérison en 2000 d'une maladie génétique par thérapie génique, effectuée à l'hôpital Necker de Paris sous la houlette du Pr Alain Fischer, de l'Inserm. Là aussi, les cellules souches du sang des deux enfants ont reçu in vitro le gène médicament qui leur faisait défaut, puis ont été réintroduites pour reconstituer l'ensemble des cellules sanguines des jeunes patients.
«  Respectivement six et douze mois après, les enfants se portent bien et nous n'observons aucun effet secondaire, a précisé le Pr Aubourg, directeur de recherche de l'unité Inserm 745 à l'université Paris-V. Toutes les cellules du sang de nos deux patients expriment bien le gène que nous avons introduit. Un tel résultat, bien que préliminaire, est déjà très encourageant. »
Cette percée contre l'ALD, une maladie le plus souvent mortelle chez les jeunes garçons atteints, est le fruit à la fois d'un parcours exceptionnel de recherche et d'une collaboration exemplaire entre de multiples partenaires.
En 1990, le Pr Aubourg montre que cette maladie démyélinisante, dépourvue alors de tout traitement, peut parfois, si elle est dépistée assez tôt, être traitée par une greffe de moelle osseuse. En 1993, il identifie avec le Pr Jean-Louis Mandel la mutation responsable de la maladie, située dans le gène d'un transporteur d'acide gras. En 2003, profitant de l'expertise de Patrick Charneau, à l'Institut Pasteur, son équipe teste chez la souris un vecteur dérivé du virus du sida destiné à transférer dans les cellules souches de la moelle osseuse le gène normal : c'est un succès, les animaux expriment bien la protéine codée par ce gène dans leur cerveau.
Le risque de leucémie réduit
Ce premier essai, également piloté par le Dr Nathalie Cartier-Lacave, ouvre alors la voie à une application chez l'homme. Celle-ci est menée grâce au renfort des Prs Marina Cavazzana et Alain Fischer, qui apportent leur expérience de l'utilisation des cellules souches hématopoïétiques et de leur greffe, acquise depuis 2000.
Le risque de leucémie lié à l'insertion du vecteur viral dans le génome a été fortement réduit par rapport à ces premiers essais : « Nous utilisons pour la première fois au monde un vecteur dérivé du VIH pour la thérapie génique chez l'homme, explique le Pr Aubourg. Même s'il faut rester très prudent, cette séquence virale présente moins de risques que celle utilisée auparavant. De plus, le gène apporté ici n'intervient pas dans la prolifération cellulaire et ne peut donc la favoriser artificiellement. »
Un autre risque, celui du rejet, paraît minimisé puisqu'il s'agit d'une autogreffe ; mais, précise le chercheur, « nous attendrons encore quelques mois comme pour une greffe classique pour être sûrs qu'elle a bien pris ».
De tels travaux n'auraient pas été possibles sans le constant soutien financier apporté non seulement par l'Inserm mais aussi, dès 1993, par l'Association européenne contre les leucodystrophies (ELA) des parents de malades et ses nombreux sponsors, ainsi que par l'AFM (Association française contre les myopathies) soutenue par le Téléthon.
« Pour la première fois, s'enthousiasme Guy Alba, le président fondateur d'ELA (*), nous avons enfin un espoir majeur de guérir l'ALD et probablement d'autres maladies génétiques. Trois autres enfants sont maintenant en attente, mais il nous faut trouver les 700 000 euros pour acheter le coûteux vecteur génique produit pour une utilisation chez l'homme. Ces deux premiers cas seront, nous l'espérons tous, les premiers d'une longue série. »
Cette avancée, si elle se confirme, pourrait être majeure non seulement dans le traitement des ALD mais aussi de nombreuses maladies génétiques. Elle validerait d'abord le nouveau vecteur pour tenter de traiter des maladies génétiques du sang, beaucoup plus répandues, telles que par exemple les thalassémies. Ensuite, elle montre pour la première fois qu'une maladie génétique affectant le système nerveux central peut être soignée par ce biais. « Certaines cellules du sang portant le gène médicament, indique en effet Patrick Aubourg, ont la capacité naturelle de migrer dans le cerveau et de s'y différencier en macrophages, des cellules du système immunitaire. Cette colonisation permet de corriger une maladie portant ailleurs que sur le sang. »

Le génome du chat a été séquencé

Il s'agit du septième mammifère, y compris l'homme, dont tous les gènes sont identifiés.

(c) AFP

Des chercheurs américains ont séquencé l'ADN d'un chat, une avancée qui pourrait permettre de soigner des maladies félines et humaines. Il s'agit du septième mammifère, y compris l'homme, dont tous les gènes ont été identifiés.
Une vingtaine d'animaux, parmi lesquels des chiens, chimpanzés, rats, souris et vaches ont déjà vu leur ADN décodé. Mais le séquençage du code génétique des chats pourrait avoir de plus grandes implications pour le traitement de maladies humaines, explique le Dr Stephen O'Brien, de l'Institut américain du cancer, dont les travaux sont publiés de l'édition de novembre du journal "Genome Research".
Ces travaux ont été conduits sur l'ADN d'un chat abyssin de quatre ans appelé Cinnamon (cannelle) dont la lignée remonte à plusieurs générations en Suède.
Cinnamon est un des mammifères objet actuellement d'une analyse comparative avec d'autres recherches génétiques déjà conduites sur des chats ainsi qu'avec le séquençage de génomes d'autres mammifères.

20.285 gènes

Les généticiens du Cold Spring Harbor Laboratory (New York, est) ont pu identifier 20.285 gènes formant le génome du chat. Pour ce faire ils ont analysé les similarités entre le génome du félin et ceux de six mammifères déjà séquencés.
Les chats peuvent en effet souffrir de plus de 200 maladies proches de pathologies humaines, telles qu'une version féline du Sida, le SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) ou encore le diabète, selon le Dr O'Brien. La connaissance de l'ADN du chat pourrait donc permettre le développement de nouveaux vaccins et traitements.
Cette étude décode environ les deux tiers de l'ADN de Cinnamon, un chat du Missouri étudié à l'université de l'Etat à Columbia. Des résultats plus complets sont attendus dans le courant de l'année prochaine.

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