12/01/2006

Alzheimer:voilà 100 ans....

Le neurologue et psychiatre allemand Aloïs Alzheimer décrivait il y a 100 ans ce qui constitue la base de nos connaissances sur la maladie qui porte aujourd'hui son nom.

C'était en 1906, lors de la 37e Conférence des psychiatres allemands. C'est le professeur Emil Kraepelin qui proposa par la suite de désigner ce type de démence par le nom de son collègue.

À l'époque, Alzheimer a mis en évidence, lors de l'autopsie d'une patiente, les deux types de lésions cérébrales caractéristiques de la maladie: dégénérescence fibrillaire et plaques séniles.

Dès lors, ce qui était jadis considéré comme de la « sénilité », et une partie normale du vieillissement, devenait une maladie distincte et l'une des principales préoccupations de la médecine contemporaine.

Chronologie d'une maladie

 

  • Ce n'est toutefois que dans les années 60 que l'ensemble de la communauté médicale reconnaît la maladie. C'est la découverte d'un lien entre la détérioration des fonctions cognitives et le nombre de plaques et d'écheveaux dans le cerveau qui amène les scientifiques à reconnaître la maladie d'Alzheimer en tant que maladie.

 

 

  • Les années 70 voient l'intérêt scientifique grandir. La maladie devient peu à peu un secteur d'intérêt pour les chercheurs.

 

En 1978, la Société Alzheimer du Canada voit le jour, et devient le premier organisme du genre au monde.

 

  • Dans les années 80, la recherche porte sur les plaques et les écheveaux. Les chercheurs examinent les interactions complexes qui détruisent les cellules nerveuses dans le cerveau de la personne atteinte de la maladie. Les conclusions de ces recherches ont contribué aux découvertes des années 1990 dans le domaine de la génétique.

 

 

  • Tôt dans les années 90, des équipes de scientifiques, comprenant plusieurs Canadiens, découvrent des liens génétiques à la maladie d'Alzheimer. Ces découvertes mènent à la création de souris génétiquement modifiées, qui permettent la réalisation d'essais jusque là impossibles.

 

Il faut attendre en 1992 pour assister à une véritable percée. Un lien génétique de la maladie est alors identifié. Un gène muté est présent dans la majorité des cas de la forme familiale de la maladie d'Alzheimer, ce qui influe sur le risque pour une personne d'être atteinte de la maladie. Bien qu'il s'agisse d'une forme rare de la maladie (environ 7 % des cas de maladie d'Alzheimer), c'est une découverte importante.

Durant les années 90, d'autres liens génétiques sont découverts. Des scientifiques canadiens identifient le gène apoE dans le cerveau. Dès 1997, un premier traitement médicamenteux est disponible: l'Aricept entre alors dans le vocabulaire quotidien des personnes atteintes et de leurs proches.

Cet inhibiteur de la cholinestérase atténue, chez certaines personnes, les symptômes présents aux stades légers à modérés de la maladie d'Alzheimer. Suivront les Exelon et Reminyl dans les années suivantes.

En 1999, un premier vaccin est mis à l'essai sur des souris génétiquement modifiées. Les travaux de recherche sur les vaccins continuent d'être fort prometteurs.

 

  • Les années 2000 s'accompagnent de progrès technologiques dans le domaine de l'imagerie médicale, permettant aux chercheurs de mieux observer le cerveau vivant. Les images révèlent que des changements pourraient se produire bien avant que les symptômes de la maladie d'Alzheimer ne se manifestent.

 

En 2004, un nouveau médicament est disponible, l'Ebixa. Cet inhibiteur des récepteurs NMDA vise à traiter les symptômes de la maladie dans les stades modérés à avancés. Lors d'essais, ce médicament a stabilisé ou ralenti la détérioration des fonctions cognitives

Une nouvelle Présidence au CNRS

Catherine Bréchignac, physicienne, a été nommée présidente du CNRS lors du Conseil des ministres du 11 janvier 2006, sur proposition du ministre délégué à l'enseignement supérieur et à la recherche. Elle succède à ce poste à Bernard Meunier qui avait annoncé sa démission le 5 janvier dernier. Catherine Bréchignac avait été directrice générale du CNRS de 1997 à 2000.

Catherine Brechignac est née le 12 juin 1946 à Paris. Elle est diplômée de l'Ecole Normale Supérieure de Fontenay-aux-Roses (1967), agrégée de sciences physiques (1971) et docteur-ès-sciences (1977). Elle entre au CNRS en 1971 en qualité d'attachée de recherche et devient successivement chargée (1978) puis directeur de recherche au CNRS (1985).

A l'étranger, elle est nommée chercheur associé à l'Institut d'astrophysique d'Ottawa au Canada (1979- 1980), professeur invité à l'Ecole Polytechnique de Lausanne depuis 1987, Adjunct Professor puis Distinguished Visiting Scholar Professorship à la Georgia-Tech University (depuis 2001).

Spécialiste de physique atomique à l'interface avec la physique nucléaire et avec la physique moléculaire, Catherine Brechignac a été directrice du Laboratoire Aimé Cotton (CNRS, Orsay), de 1989 à1995 puis directrice scientifique du département Sciences physiques et mathématiques du CNRS de 1995 à 1997 et enfin directrice générale de l'établissement de 1997 à 2000. Elle est présidente de l'Institut d'optique depuis 2002 et présidente du Conseil d'administration du Palais de la Découverte depuis 2004.

Membre puis présidente du Conseil scientifique du CNRS (1995 - 2000), elle a été ou est également membre ou présidente de nombreuses sociétés savantes françaises, européennes ou internationales depuis 1985. Elle est par ailleurs membre de l'Académie des sciences et de l'Académie des technologies et Docteur Honoris Causa de l'Université de Berlin.

Ses travaux de recherche ont été récompensés par le Prix de l'Académie des sciences (1991), la médaille d'argent du CNRS (1994), le prix et la médaille Holweck (2003)

Catherine Brechignac est l'auteur de plus de 150 publications scientifiques et auteur ou éditeur de 6 ouvrages. Elle est également membre du comité éditorial de plusieurs revues scientifiques primaires de physique.

Elle est officier de la Légion d'honneur et officier de l'Ordre national du mérite.