29/08/2005
Parkinson: Du nouveau?
Lu dans l'Humanité:Des chercheurs ont réussi à remplacer des neurones défectueux, à l’origine de le maladie de parkinson, par des cellules souches saines.
Détourner de leur destin des neurones fraîchement formés, les obliger à produire la molécule voulue et les amener dans une région choisie du cerveau. Avec pour objectif de corriger une anomalie à l’origine de la maladie de Parkinson. C’est, schématiquement, ce qu’ont réussi les équipes de Magdalena Götz, de l’université de Munich, et de Pierre-Marie Lledo, directeur de recherche au CNRS et chef de l’unité « Perception et mémoire » à l’Institut Pasteur. « Nous avons remplacé des neurones défectueux par des neurones juvéniles », résume le pastorien. Ces travaux, publiés dans la revue Nature Neuroscience, marquent une étape importante dans l’utilisation des cellules souches pour traiter ce type de maladie neuro-dégénérative.
Une perspective intéressante pour les quatre millions de personnes affectées par la maladie de Parkinson. Ceux-ci, dont certains neurones dégénèrent, ne produisent plus assez de dopamine, une molécule dont l’insuffisance provoque les tremblements qui touchent les malades. D’où l’idée des chercheurs de puiser dans le vivier de jeunes cellules pour remplacer les neurones défaillants. Car l’encéphale, contrairement à un a priori général, régénère une partie de ses cellules. Ces neurones fraîchement fabriqués filent ensuite « comme sur un tapis roulant », décrit le biologiste, vers leur zone de fonction. En l’occurrence, vers le système de perception olfactive.
« Cette découverte chez des rongeurs, il y a dix ans, a fait face à de fortes objections dans la communauté scientifique », se souvient le biologiste pastorien. Depuis, c’est acquis, le cerveau produit, lui aussi, des cellules souches capables de se différencier vers une fonction précise de l’encéphale. D’où la manoeuvre, en deux étapes, des scientifiques français et allemands. « Nous avons modifié le programme génétique de ces cellules souches pour les obliger à libérer de la dopamine, puis nous les avons attirées dans le striatum, la région du cerveau où les neurones dégénèrent », explique Pierre-Marie Lledo. Pour les appâter vers leur nouvelle demeure, les scientifiques ont contraint certains neurones du stratium à libérer de la ténascine. Cette molécule a servi d’aimant pour les cellules souches reprogrammées.
Ce succès notable allie de surcroît thérapie génique (en orientant le devenir des cellules souches) et thérapie cellulaire (en conduisant ces cellules vers une région du cerveau déterminée). « C’est l’enjeu du XXIe siècle, s’enthousiasme le chercheur de l’Institut Pasteur. Le cerveau n’est pas programmé pour vivre vieux, or l’espérance de vie augmente. D’où la multiplication des maladies neurodégénératives. »
Ces travaux, menés sur des souris, devraient être testés sur des primates. Pas question, pour le moment, de tenter l’expérience sur l’homme. « Nous sommes encore loin des essais cliniques, précise Pierre-Marie Lledo. Mais nous avançons à pas forcés. »
21:31 Publié dans Dans la presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Recherche et santé


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